inoculer


inoculer

inoculer [ inɔkyle ] v. tr. <conjug. : 1>
• 1723; angl. to inoculate; lat. inoculare « greffer en écusson », de oculus « œil, bourgeon »
1Méd. Introduire dans l'organisme par inoculation (les germes d'une maladie). Il se fit une piqûre « qui lui inocula une affection purulente » (France). S'inoculer une maladie. Spécialt Inoculer un vaccin.
2(fin XVIIIe) Fig. Communiquer, transmettre (un sentiment, une idée, que l'on compare à un virus). infuser. « nous inoculons nos goûts, nos vices peut-être, à la femme qui nous aime » (Balzac).

inoculer verbe transitif (anglais to inoculate, du latin inoculare, greffer en écusson) Opérer une inoculation sur quelqu'un. Communiquer par inoculation un virus, une maladie à quelqu'un, à un animal : Inoculer la peste à un cobaye. Littéraire. Communiquer quelque chose à quelqu'un, lui transmettre par une sorte de contagion morale des idées, des opinions, des sentiments jugés dangereux : Inoculer la passion du jeu.inoculer (synonymes) verbe transitif (anglais to inoculate, du latin inoculare, greffer en écusson) Littéraire. Communiquer quelque chose à quelqu'un, lui transmettre par une sorte de...
Synonymes :

inoculer
v. tr. MED Introduire dans l'organisme (des germes ou une toxine pathogène). Inoculer un agent pathogène atténué pour immuniser.
|| Fig. Faire pénétrer dans l'esprit (de qqn). Inoculer des idées pernicieuses à la jeunesse.

⇒INOCULER, verbe trans.
A. — [Le compl. désigne une maladie, son principe] Communiquer volontairement dans un but préventif une maladie contagieuse, un virus, par introduction du germe, du virus dans l'organisme. J'avais donc inoculé à Joseph Meister le virus rabique le plus virulent (PASTEUR, Travaux, 1885, p. 399). Il ne faut hésiter à inoculer, au risque d'une réaction violente, un virus amoindri, affaibli, avant que le vrai microbe ne s'installe dans l'organisme et le tue (VIALAR, Bien-aller, 1952, p. 135) :
Je vivrais deux cents ans, que je l'entendrais toujours nous parler de la nouvelle découverte, le cow-pox, venue d'Angleterre, contre la petite vérole, et nous expliquer que c'était une sorte d'humeur du pis des vaches; que cette humeur, étant inoculée aux enfants par une simple piqûre, les préservait de la maladie...
ERCKM.-CHATR., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 479.
Emploi pronom. Chez l'homme, on distingue une forme cutanée ou pustule maligne, observée chez les bouchers ou chez les équarrisseurs qui s'inoculent le charbon à la suite d'une petite plaie ou d'une érosion cutanée (GARCIN, Guide vétér., 1944, p. 214).
B. — Vieilli. [Le compl. désigne une pers., un animal] Communiquer la variole à quelqu'un par inoculation; transmettre à quelqu'un, à un animal, une maladie par introduction volontaire du germe, du virus. J'inocule mon fils demain (STAËL, Lettres L. de Narbonne, 1793, p. 178). Deux ou trois fois Chauvel m'avait prévenu de faire inoculer la petite Annette, mais je n'avais pas voulu, ni Marguerite non plus (ERCKM.-CHATR., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 478).
Au passif. Il y a une maison particulière où les enfants de la colonie sont inoculés tous les ans, dans le printemps et l'automne (Le Moniteur, t. 2, 1789, p. 301).
Emploi abs. Inoculer la petite vérole. Il y a plusieurs manières d'inoculer (Ac. 1798-1878).
C. — P. métaph. Plus tard nous inoculons nos goûts, nos vices peut-être à la femme qui nous aime; tandis qu'au début de la vie, celle que nous aimons nous impose ses vertus, ses délicatesses (BALZAC, Lys, 1836, p. 278). Ils ont trouvé moyen d'inoculer au dreyfusisme les vices de la raison d'État (PÉGUY, Argent, 1913, p. 1257).
Prononc. et Orth. : [], (il) inocule []. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. [1722 BL.-W.3-5] 1723 (Lettre sur l'inoculation de la petite vérole... par M. De La Coste, D.M. — Paris, C. Labottière, p. 22 : inoculer leurs enfans); 1771 p. métaph. (HELVÉTIUS, De l'Homme, t. 2, p. 415 : d'inoculer, si je l'ose dire, le bon sens au reste des citoyens). Empr. à l'angl. to inoculate attesté dep. 1722 au sens de « transmettre artificiellement la variole à un sujet sain dans le but de le rendre résistant à cette maladie », ce verbe étant attesté dep. le XVe s., au sens « greffer en écusson (par insertion d'un bourgeon ou œil), greffer » du lat. inoculare (de oculus « œil » d'où bouton, bourgeon ») auquel il est empr. (NED). Fréq. abs. littér. : 95.

inoculer [inɔkyle] v. tr.
ÉTYM. 1723, De la Coste; angl. to inoculate, du lat. inoculatum, supin de inoculare « greffer en écusson », de in-, et oculus « œil ».
1 Méd. Introduire dans l'organisme par inoculation (les germes d'une maladie). Inoculation (spécialt). || Inoculer la fièvre typhoïde, la variole, le virus de la rage, la vaccine à (qqn, un animal, un organisme). Vacciner. || Inoculer une maladie à qqn.S'inoculer une maladie.
1 (…) comment nous conduirons-nous avec notre élève relativement au danger de la petite vérole ? La lui ferons-nous inoculer en bas âge, ou si nous attendrons qu'il la prenne naturellement ?
Rousseau, Émile, II.
2 (…) il se fit, en essuyant son bistouri, une piqûre à laquelle il ne prit pas garde et qui lui inocula une affection purulente dont il mourut en deux jours (…)
France, le Livre de mon ami, Livre de Suzanne, II, I.
Vieilli. || Inoculer qqn, lui inoculer une maladie (spécialt, au XVIIIe siècle, la variole). || Faire inoculer un enfant. Vacciner.
3 Je crois que Mme la comtesse d'Egmont a eu la petite vérole; c'est bien dommage; sans cela, nous l'inoculerions (…)
Voltaire, Correspondance, 2312, 22 juin 1763.
2 (Fin XVIIIe). Par métaphore ou fig. Communiquer, transmettre (un sentiment, une idée). Infuser (cit. 3). || Inoculer à qqn une passion, une ambition (→ Candidature, cit. 2; concilier, cit. 2; démon, cit. 26; dépravation, cit. 3).
4 (…) nous inoculons nos goûts, nos vices peut-être à la femme qui nous aime (…)
Balzac, le Lys dans la vallée, Pl., t. VIII, p. 987.
5 (…) celui qui pourrait me voir quand je suis seul à m'inoculer tout le français du Code civil dans le cerveau et à savourer la poésie du Code de procédure (…)
Flaubert, Correspondance, 80, juin 1843.
6 Considérant son mal avec autant de sagacité que s'il se l'était inoculé pour en faire l'étude (…)
Proust, À la recherche du temps perdu, t. II, p. 113.
7 Nous suivons dans nos veines la marche du venin qu'il nous a plu de nous inoculer. Lorsque la réalité ne fournit pas au jaloux de quoi nourrir sa jalousie, il imagine, il invente.
F. Mauriac, Souffrances et bonheur du chrétien, p. 72.
——————
inoculé, ée p. p. adj.
|| Substance inoculée. Inoculum. || Virus inoculé. || Malades inoculés.N. || « Un nombre plus considérable de cas de choléra expérimental parmi les inoculés » (Année sc. et industr. 1886, p. 333 [1885]).
DÉR. Inoculable, inoculateur.

Encyclopédie Universelle. 2012.


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